boite_posteDeux mots sur l'actualité postale.

Le service postal est-il en danger ? On a déjà vu les conséquences directes et indirectes de l'application des directives européennes sur les services postaux dans nos villages : remplacement de nombreux bureaux par des "agences postales" c'est le cas de Thorame-Haute, fermetures pure et simple pour les moins chanceux, réduction des horaires et des services, sans oublier la suppression d'emplois stables (et dans le cadre protecteur du statut de la Poste).

Après EDF, GDF et France Télécom notamment, c'est au tour de la Poste de changer de statut ; les services bancaires ont déjà été séparé (désormais Banque Postale), nul doute qu'ils subiront le même sort. Ce changement de statut n'est pas anodin, en soit il n'a aucun intérêt, si ce n'est de permettre la l'ouverture du capital par le biais d'un statut de société anonyme. Bien entendu le gouvernent jure qu'il n'en sera rien, c'est pourtant ce qui s'est passé avec les grand service de l'énergie... On connait la suite : c'est "l'Europe qui le veut", l'ouverture du capital s'accompagne aussi d'une ouverture à la concurrence, censé offrir au consommateur plus de choix et de meilleurs tarifs. Dans les faits c'est rarement vérifié mais qu'importe. Depuis le passage à l'euro (1er janvier 2002), le prix du timbre (tarif normal jusqu'à 20 gr) est passé de 46 centimes à 56 centimes, soit une augmentation d'environ 22 %, peut-on sérieusement imaginer que les tarifs actuels baisseront une fois l'ouverture complète à la concurrence ?

Le service postal tel que nous le connaissons en France existe depuis longtemps, autre fois alors que le pays était notoirement moins riche, que les axes de communications étaient beaucoup moins développés, les techniques de tris des plus rudimentaires, et les volumes de courriers bien moindres, le service existait et ne poser aucun problème. Comment pourrait-on nous faire croire le contraire aujourd'hui ? La mission d'un service public n'est pas de faire du profit mais de rendre un service à la population !

On aimerait voir nos élus locaux plus engagés sur la question... c'est-à-dire aussi plus solidaires entre eux  Rappelons que les communes rurales en France représentent plus de 50 % du total des communes, de ce fait, le monde rural est sur-représenté au Sénat (et dans une  moindre mesure à l'Assemblée nationale), si les élus et les populations se tenaient tous la main, du citoyens au représentant du peuple, une telle mesure n'aurait jamais aboutie et les milliers1 de bureaux de poste fermés seraient encore ouverts. Selon un sondage CSA du 29 septembre 2009, en cas de référendum sur le changement de statut, 75 % des Français voteraient contre.

1 Voir par exemple le communiqué du Syndicat Sud : + de 1000 bureaux fermés depuis le 01.01.2008.

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Le saviez-vous ?

  • Dans nos villages se sont les collectivités locales (communes ou communauté de communes) qui prennent à leur charge le coup du service (agence postale communale) à travers une convention : la collectivité paye le personnel (qui reste sous l'autorité de l'administration postale), elle finance aussi les locaux (c'est-à-dire, tous les frais de chauffage, d'électricité, d'entretien, de sanitaires, etc). En contre partie, la poste verse une modeste participation à la collectivité proportionnelle aux horaires d'ouverture.
  • Au XIXème siècle le département des Basses-Alpes comptait 250 communes (200 aujourd'hui), malgré les difficultés de circulation (seuls les grands axes étaient "carrossables"), la distribution du courrier était quotidienne dans 200 d'entre elles et tous les deux jours pour les plus modestes... Des chiffres qui font réfléchir quand on voit le chemin inverse que l'on parcourt en 2009 !

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