Petit dossier documentaire sur le Pont du Moulin ou ancien Pont d'Ondres (connu aussi sous le nom de Pont romain ou encore Pont de Serpeigier et parfois même Pont de la fabrique).

L'historique de ce pont est bien connue grâce à la bonne conservation des archives communales. Curieusement, les Thoramiens l'appellent  souvent "Pont romain" alors qu'il date avec certitude de la 2ème moitié du XVIIème siècle. Cette appellation peut nous interroger sur d'éventuelles origines plus anciennes, à moins qu'il ne s'agisse d'une confusion avec un autre pont de la commune qui aurait eu des origines antiques...

Cet ouvrage d'art magnifique, construit par un artisan de la vallée, fait l'admiration des habitants tout comme celle des visiteurs ; initialement prévu sur une seule arche, le maçon a été contraint d'en construire une deuxième, ce qui lui donne un caractère assez unique et surtout très réussi sur le plan esthétique.

Le pont était un point de passage vers la haute vallée du Verdon car bien qu'il ait été peu utilisé dans le temps, la "route" principale  que nous connaissons n'existait pas vraiment. La carraire des troupeaux dont il reste quelques traces entre Ondres et Villars-Heyssier juste au-dessus du Verdon passé également par ce pont et longé le Verdon se confondant plus ou moins avec le chemin d'Ondres. Le pont ne desert plus aujourd'hui que le sentier qui gravit la montagne de Serpégier. Les caprices de la rivière et la mauvaise exposition en hivers ont eu raison cet itinéraire.

Quelles perspectives pour ce lieux unique ?

La mise en valeur du pont (sécurisation et restauration) classé Monument historique en  1977 n'est pas évidente pour des questions de coût. Les bâtiments contigus, propriétés privées héritées de la dernière activité industrielle dans les années 1930, mériteraient eux aussi une mise en valeur. Ces bâtiments furent, semble-t-il, tour-à-tour, un moulin à farine, une draperie, une scierie puis une fabrique de meubles.

La force hydraulique autrefois si précieuse, est aujourd'hui totalement délaissée, mais à l'heure des prises de conscience écologique et environnementale, les énergies renouvelables font leur retour, l'hydraulique aussi même s'il est plus discret. Les nouvelles technologies permettent des gains de productivité considérables, on développe par exemple des micro-centrales comme celle qui alimente le refuge du lac d'Allos. Ce serait là un exemple de revalorisation intelligente du patrimoine industriel ancien, associant mise en valeur du patrimoine et développement des énergies renouvelables. Une façon de tourner le passé vers le futur. Évidemment les réticences pour ce genre de projet sont nombreuses, pourtant, la France comptait autrefois des milliers d'installations hydrauliques sans que ça gène personne, et le poisson n'en a pas disparu pour autant...

Les plus curieux pourront se rapporter aux ouvrages de Félix Jaume : Chronique du Pays de Thorame (2 tomes).

Quelques photos et documents :

  • Un site peu connu de passionnés de ponts et autres infrastructures : Structurae (on y trouve aussi de nombreuses fiches sur les ouvrages d'art de la voie ferrée sur Thorame) : la fiche.

Paul Giraud