Retour sur le tourisme local et la place des résidents secondaires.

Les précieuses informations issues de l’Agence de développement touristique du département qui sont déjà présentées dans un article précédent (Le tourisme en question. Notre cadre de vie, moteur du développement local ?) réservent aussi une place aux résidents secondaires. Ceux-ci jouent un rôle important dans l’économie locale à plusieurs titres, d’abord par ce que se sont les premiers contributeurs particuliers aux budgets communaux : pour Thorame-Haute, ils représentent 70 % des résidences de la commune ! Ensuite, ils apportent des revenus aux commerces, et attirent à leur tour de nouveaux visiteurs (famille et amis) qui représentent une part non négligeable du tourisme local. Toujours à Thorame, on ne compte pas moins de 305 résidences secondaires, (321 en 2006) qui représentent une capacité (statistique) d’accueil de 1 690 lits ! Rapporté au chiffre à la population permanente (216 habitants selon le dernier recensement) c’est tout simplement considérable, et encore il ne s’agit pas de la commune la mieux lotie dans ce domaine. De leur côté, les résidences hôtelières et particulières représentent respectivement 58 et 26 lits, le camping 18 lits (sauf erreur).
Pourtant un constat s’impose, en dehors de quelques habitués, les résidences secondaires sont trop souvent fermées. Une étude approfondie, à la fois qualitative et statistique serait bienvenues pour étudier le phénomène avec précision, et essayer d’améliorer leur présence indispensable au tissu économique local.
Les résidents secondaires, comme les visiteurs de passage représentent un levier de développement et de financement des activités « sous-exploité » ; bien évidemment, l’échange doit se faire dans les deux sens, les associations et les élus peuvent servir d’intermédiaires et de récepteurs des attentes de cette catégorie de la population.
L'hôtel Fontgaillarde, un tourisme de luxe au début du XXème siècle.
Quelques pistes de réflexions spontanées : comment mieux mobiliser les résidents secondaires ?
- Avoir une réflexion particulière sur la communication, en lien avec les nouvelles technologies : utiliser les outils du web pour rapprocher les résidents secondaires de la vie du village : par exemple, en réalisant une newsletter (sorte de journal local mais informatique, qui peut être aussi décliné en papier) ; cela permet en autre d’informer la population permanente ou temporaire des réalisations de la commune.
- Utiliser ce mode de communication pour diffuser l’actualité des associations et des animations sur la commune, et plus largement, diffuser les connaissances historiques et scientifiques de la commune ; un élément identitaire donc qui renforce le sentiment d’appartenance et d’implication de la population. Un exemple intéressant de réalisation sur la commune du Val-de-Chalvagne dans le canton d’Entrevaux (qui est aussi une commune recomposée comme la notre, c’est-à-dire, issue de la fusion de 3 anciennes communes…) : le bulletin municipal de décembre, consacre plusieurs parties à l’histoire locale ou celle des lieux ou des personnages (accessible sur le site de verdon-info : ici).
- Créer un espace d’expression pour recueillir les attentes des résidents secondaires (par le biais d’un forum par exemple, structure souple à mettre en place, et même possible de façon informelle par le biais des associations, voire d’un particulier). L’anonymat doit être possible mais pas obligatoire.
- Sur un plan plus culturel, partager les connaissances sur les villages (rôle central des associations), diffuser les documents existants, mettre en commun un travail documentaire (un exemple simple et déjà réalisé : une exposition de cartes postales anciennes sorties des greniers des habitants…)
- La visite des villages par les associations (l’expérience a déjà été menée et sera sans doute renouvelée…)
- Des actions communes des associations (comme on l’a vu il y a quelques années avec un "forum des associations" une fois par an (qui réunirait en priorité les associations de la commune, mais pas seulement…)
- La création d’une fête annuelle commune aux différents villages (qui pourrait se tenir dans un village différent chaque année) avec des manifestations en lien avec la culture, repas en commun, etc.
- Communication : créer élément visuel commun : par exemple le logo ou blason de la commune pourrait reprendre celui des 3 anciennes communes… on pourrait même envisageait des objets dérivés (comme cela a été fait par le passé (tee shit, stylo, porte clé…)).
L’amélioration de la vie locale passe donc par des initiatives simples, réalistes et déjà expérimentées comme celles-ci. Nous devons avoir une approche particulière pour les résidents secondaires en tenant compte de leurs spécificités (personnes originaires du village ou non, présents régulièrement ou de façon plus éphémère). C’est de cette façon que nous parviendront à intégrer au mieux les nouveaux arrivants qui sont nombreux (à la fois la population permanente qui repart à la hausse depuis quelques années, et à la fois les nouveaux résidents secondaires). En développant une communauté de thoramiens aux horizons divers, nous impliquerons d’avantage les différentes populations dans la vie locale. Les nombreux thoramiens de souche ou non qui ne résident pas à l’année sur la commune, constituent une véritable diaspora et un potentiel de ressources qu’il faut savoir exploiter et mettre en valeur.
En même temps, cette réflexion propre aux résidents secondaires permet de répondre partiellement à la problématique de l’animation locale et contribue à capter les flux de visiteurs occasionnels (touristes), ou de les inciter à résider sur la commune (campings et logements privés divers) à condition de mettre en place une communication adéquate sur des points ciblés. C’est en rapprochant la population permanente des résidents secondaires que nous parviendront finalement à un projet global et cohérent tourné aussi vers l’accueil des visiteurs de passage et, finalement une vie locale dynamique.
Sources : les chiffres les plus récents sont accessibles sur le site de l'INSEE.
PS Le mot « touriste » est souvent banni des articles de ce blog, ce n’est pas un hasard, je lui trouve une connotation négative, ce côté « porte feuille ambulant », que je n’aime pas être moi-même lorsque je me trouve dans une contrée qui m’est peu familière ; je lui préfère donc le terme de visiteur qui me semble plus neutre, abolissant un peu le côté consommation, et laissant plus de place au côté découverte.
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