Nouvelle_imageEn 2011 ça va bouger du côté du patrimoine. De nombreux projets se dessinent autour des multiples formes du patrimoine de notre vallée. En effet le Haut Verdon ne manque pas de ressources patrimoniales même si certaines restent peu connues de la population comme des résidents secondaires et des touristes. Les acteurs du patrimoine sont multiples et peu structurés même si les contacts se multiplient et les amitiés se nouent au sein des associations.

Pourquoi s'intéresser au XXIe siècle à un patrimoine qui est parfois très ancien ? Il existe autant de réponses que d'individus. Chacun a sa motivation en fonction de son histoire et de sa sensibilité. Mais aujourd'hui, il ne faut pas y voir un objectif conservateur ou passéiste, mais plus une œuvre au service d'un collectif humain et ouverte sur la société. La rénovation d'un bâtiment ancien connu de tous permet de générer un lien social entre les différents intervenants et les différents publics (populations, visiteurs, élus, associations…). Il crée aussi autour du patrimoine un "écosystème économique" : visites spontanées des touristes ou organisées par les professionnels par exemple, dont les retombées profitent au tissu économique local. De ce fait, un patrimoine vivant renforce l'attractivité générale de son territoire et participe à l’image que renvoie ce territoire.

Le patrimoine présente donc un intérêt culturel et social (en mobilisant les ressources humaines locales comme les associations), un intérêt scientifique (en approfondissant des connaissances historiques), et un intérêt  économiques (en mobilisant par exemple les professionnels du tourisme ou encore ceux du bâtiment).

Depuis quelques mois, de grands projets structurant pour notre économie, portés par le Pays A3V, voient le jour progressivement avec la mise en valeur du patrimoine industriel (alambic de Barrême, minoterie de La Mure, buffet de la gare de Thorame autour de l'industrie drapière, et moulins d'Entrevaux). Mais l’étendue du patrimoine ne s'arrête pas à ces lieux bien visibles. Il touche aussi à toute une myriade de "petits patrimoines", de lieux et d’objets plus ou moins connus.

Parmi les secteurs mal connus du patrimoine, ceux de l'archéologie de l'Antiquité et du Moyen Age, correspondent pourtant à une large période historique d'une grande richesse pour notre vallée. Cette période s'étend de l'installation des premières peuplades celto-ligures jusqu’au début du XVIe siècle. Les sources d'informations sont rares et souvent enfouies au fond d'une bibliothèque (lorsqu'elles existent) ou plus souvent dans le sous-sol des champs !

Le rôle des associations dans leur diversité consiste entre autre à mobiliser et à sensibiliser la population et les élus sur la richesse et la diversité du patrimoine local. De nombreux bénévoles se mobilisent pour mener à bien différents projets autour du patrimoine. Mais outre l’aspect financier et matériel, les associations se trouvent souvent confrontées au manque de travaux et d’études sur le terrain et ce malgré les nombreux indices laissés par le temps.

Cette année nous pourrons compter sur les travaux de Julie EMERIC étudiante en archéologie qui effectuera un inventaire archéologique des sites recensés dans le Haut Verdon. Il ne s’agit pas d’une campagne de fouille mais d’une opération plus simple de repérage. L’Association pour la sauvegarde du patrimoine culturel de Thorame-Haute a décidé de la parrainer. Elle pourra compter sur une équipe de bénévoles pour l’épauler et elle ira aussi à la rencontre des personnes qui peuvent l’aider dans la collecte d’informations. Les résultats de ses recherches pourront être publiés et partagés par tous. Nous en reparlerons.

Paul GIRAUD, secrétaire de l’Association pour la sauvegarde du patrimoine de Thorame-Haute. www.patrimoine-culturel-thorame-haute.sitew.com  Février 2011. Cet article paraîtra dans plusieurs médias locaux. Illustration : fragment de pierre romaine écrite découverte lors de la démolition de l'ancienne poste de Thorame-Haute, rue du Peyran.

  • Deux mots sur Julie EMERIC
  • Famille originaire du Haut Verdon. 
  • Etudiante en 1re année de Master archéologie à Aix-en-Provence, après une Licence en Histoire de l’art et archéologie. 
  • Stage au Service régional d’archéologie, auprès de M. Nicolas ROUZEAU (que l’association a rencontré). Il en parle sur son blog : http://rouzeau.typepad.com/blog/2011/03/vive-les-stagiaires-.html