Tout ça pour ça, c'est ainsi qu'on pourrait résumer, en ce début d’année, le résultat nous concernant du schéma départemental de coopération intercommunale rédigé dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales. On apprend ainsi dans l'édito du dernier numéro d'Aux sources du Verdon que la Communauté de communes du Haut-Verdon Val d'Allos ne connaîtra pas de bouleversement. Statu quo donc pour cette structure administrative de 6 communes peuplée d’un peu plus 2000 habitants. Deux communes au moins (Thorame-Basse et Beauvezer) avaient pourtant émis leur doute sur le maintient de ce découpage administratif en l'état face aux changements qui s’opèrent autour de nous (voir notamment l’édito de M. Lebeaupin dans la revue intercommunale).

A l’est du département, les communautés de communes du Pays d’Entrevaux et de Terre de Lumière (correspondant au canton d’Annot) doivent fusionner. Malgré l’opposition des élus, la nouvelle entité devrait compter 13 communes et quelques 3200 habitants. Au sud, la Communauté de communes du Moyen-Verdon devrait demeurer à peu près inchangée avec une vingtaine de communes et plus de 5000 habitants. A l’ouest, enfin, nous côtoierons la communauté d’agglomération de Digne (sans Barrême semble-t-il). Face à ces ensembles quelle est la portée d’une petite communauté de 6 communes ? N’y a-t-il pas une cohérence à travailler plus étroitement avec des zones proches qui partage avec nous des flux de visiteurs importants. Nous avons en commun de vivre largement du tourisme.

Evidemment, les compétences varient sensiblement selon les structures existantes, et même si cette réforme a été imposée de manière brutale, rien n’est insurmontable. Cette réforme est plutôt impopulaire chez les élus locaux, mais ils s’accordent largement pour dire qu’il faut créer des découpages pertinents.

Une fois encore, le débat public et contradictoire a brillé par son absence. Les citoyens devraient pouvoir s’emparer des ces questions importantes pour peser le pour et le contre des différentes options proposées.

Si des communes ont fait leurs calculs pour elles-mêmes, il n’est pas certain que l’intérêt général y trouve son compte. Aujourd’hui les communes du Haut-Verdon contribuent largement aux investissements du ‘’haut de la vallée’’ et ne reçoivent en retour que l’espoir de profiter un peu des retombées de la richesse produite au nord. On ne voit pas vraiment se dessiner dans le '’bas de la vallée’’ un projet adapté à la situation malgré un certain potentiel. A l’heure où l’on s’interroge sur les conséquences d’un réchauffement climatique entraînant des hivers moins propices aux chutes de neige, une ouverture vers le sud nous permettrait peut être de mieux prendre en compte la diversité de l’offre touristique et mieux répartir sa fréquentation. Elle permettrait peut être aussi à chaque secteur de trouver sa place dans un ensemble territorial plus large, avec un schéma de développement cohérent et concerté.

Le pays de Thorame, situé en position de carrefour de trois territoires (Haut-Verdon, Moyen-Verdon, Vaïre et Var), peut se saisir de cet atout géographique pour construire son propre modèle de développement, à son échelle, avec ses acteurs, en s’appuyant sur ses richesses agricoles, artisanales et son patrimoine culturel. Elle ne peut pas regarder seulement vers le nord.

A tous, quel que soit votre point de vue sur la question, bonne et heureuse année 2012 !

Note complémentaire (02/2012)

Au regard du projet présenté (visible par exemple sur le site du Conseil général : http://www.calameo.com/read/000096759d0ad6148735f p8/9), il apparait que le projet initial a été revu largement à la baisse. Le département qui compte actuellement 23 intercommunalités, ne devrait plu en compter que 19 à l’horizon de 2013, alors que le projet initial prévoyait moins de 10 découpages. On voit par exemple subsister de toutes petites intercommunalités composées de 2 ou 3 communes seulement (comme le Teillon qui malgré ses spécificités ne compte que 400 habitants). Le projet se trouve un peu vidé de sa substance. D’un côté on rattache de force, de l’autre on maintient de tous petits découpages, comprenne qui pourra. 

Contrairement à ce qui est dit plus haut, la communauté d'agglomération de Digne ne semble plu d'actualité, malgré la composition d'une intercommunalité assez étendue. Dont acte.